Corps écrit

Nous nous accoutumons à l’idée que notre corps reflète notre personne, au mieux, il « est » ce que nous prétendons être.

 

Commence un travail de réappropriation inlassable, sans fin, qui consume toute une vie. Une construction laborieuse d’identité où intérieur et extérieur s’enchevêtrent et se répondent, se confondent, se séparent, pour parfois s’oublier.

Certains pourtant n’y parviennent jamais, car humilié par leur propre corps jugé « laid », volcan jaillissant de boursouflures étagères de chair, rondeurs mal contenues, selon d’obscures normes de beauté, ils le traitent comme un legs, prêt à retourner cacheter au créateur qu’il en dispose comme il lui plaira ; immense enveloppe charnelle qu’ils aimeraient bien quitter, tout en rêvant d’une minceur maladive, pâleur soulignée ou d’une silhouette svelte : le corps ramassé dans la paume d’un technicien esthète pour qui les mesures sont une affaire sérieuse.

 

De là mon désir d’inventer d’autres règles, déconstruire l’image du corps à ma merci, l’exposer aux regards par superposition, où le corps devient une sorte de lettre et l’ensemble un langage, un corps écrit, où chacun peut lire ce qui lui plaira.

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Corps écrit

Encre de chine sur papier